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La règle du 4 % et ses mises en garde canadiennes

La règle du 4 % est le raccourci le plus célèbre de la planification de la retraite : retirez 4 % de votre portefeuille la première année, ajustez pour l'inflation ensuite, et en théorie votre argent dure environ 30 ans. C'est un point de départ correct pour une estimation sommaire, mais elle a été bâtie sur les marchés américains, la fiscalité américaine et les comptes de retraite américains — et les règles canadiennes sur les FERR, la fiscalité et les pensions publiques changent le calcul suffisamment pour que vous ne deviez pas l'appliquer aveuglément.

D'où vient réellement la règle du 4 %

La règle remonte à des recherches des années 1990 (le planificateur financier William Bengen, puis l'étude Trinity) qui ont testé des taux de retrait par rapport à des décennies de rendements historiques d'actions et d'obligations américaines. Le constat : un retraité qui retirait environ 4 % d'un portefeuille équilibré la première année, puis augmentait ce montant en dollars avec l'inflation chaque année ensuite, n'aurait pas épuisé son argent au cours de toute période historique de 30 ans testée.

C'est une affirmation précise et étroite. Elle suppose une composition d'actifs particulière (environ 50 à 75 % d'actions), une retraite de 30 ans, la répétition de l'histoire des marchés américains, et aucune souplesse dans les dépenses. Modifiez l'une de ces hypothèses et le chiffre « sûr » change. Elle n'a jamais été conçue comme une instruction précise — c'est une vérification sommaire de bon sens, et la plupart des chercheurs derrière elle l'ont dit eux-mêmes.

À lire aussi : Retirement Drawdown Calculator · RRSP Growth Calculator. Pour les règles officielles, consultez Canada Revenue Agency (CRA).

Pourquoi la séquence des rendements compte plus que la moyenne

La règle du 4 % survit parce qu'elle est éprouvée par rapport aux pires points de départ du bilan historique, non aux points moyens. Un portefeuille qui perd de la valeur dans les premières années de la retraite, alors que vous y puisez aussi, peut être endommagé de façon permanente même si les rendements moyens à long terme finissent par être corrects — c'est ce qu'on appelle le risque lié à la séquence des rendements.

En pratique, cela signifie que la règle est bien plus prudente qu'elle n'en a l'air dans un bon marché et peut tout de même échouer dans un marché véritablement mauvais. Cela signifie aussi que l'année civile de votre départ à la retraite compte plus que la plupart des gens ne le pensent, ce qui est un argument solide en faveur d'une souplesse intégrée plutôt que d'un retrait fixe verrouillé dès le premier jour.

Les mises en garde canadiennes : FERR, fiscalité et RPC/SV

Trois mécaniques propres au Canada déforment la version américaine de la règle.

  • Retraits minimums du FERR : Une fois que l'épargne REER est convertie en fonds enregistré de revenu de retraite, l'ARC vous oblige à retirer un pourcentage minimum chaque année, et ce pourcentage augmente avec votre âge. Dans la soixantaine-dix et au-delà, le minimum obligatoire peut dépasser 4 % peu importe ce que prévoit votre plan de dépenses — confirmez les pourcentages actuels selon l'âge directement auprès de l'ARC, puisqu'ils sont fixés dans la Loi de l'impôt sur le revenu et peuvent être ajustés.
  • La fiscalité est intégrée au retrait, non distincte de celui-ci : Un 401(k) américain ou un compte de type CELI sont imposés différemment, et au Canada vos retraits de REER/FERR sont imposés comme un revenu ordinaire, les retraits de CELI sont libres d'impôt, et les comptes non enregistrés déclenchent l'impôt sur les gains en capital ou les dividendes. Le 4 % que vous tirez d'un FERR vaut moins après impôt que 4 % tiré d'un CELI, de sorte que le taux de retrait « sûr » est en réalité un mélange entre les types de comptes, non un seul chiffre.
  • Le RPC et la SV forment un plancher indexé à l'inflation : La plupart des retraités canadiens ont une couche de pension gouvernementale qu'un calcul purement basé sur 4 % du portefeuille ignore. Ce plancher peut vous permettre de puiser dans votre épargne plus rapidement en début de retraite, ou plus lentement si vous comptez sur votre épargne pour faire le pont avant de commencer le RPC/la SV — et la SV comporte aussi une récupération pour les retraités à revenu plus élevé, alors vérifiez les seuils en vigueur auprès de l'ARC avant de présumer que vous la garderez en entier.

Une façon plus réaliste de l'utiliser

Traitez le 4 % comme un point d'ancrage de départ, non comme une règle fixe, et intégrez un mécanisme d'ajustement. De nombreux planificateurs utilisent maintenant des « garde-fous » : dépenser davantage dans les années de marché fort, réduire dans les années faibles, plutôt que d'augmenter mécaniquement les retraits avec l'inflation peu importe ce que font les marchés.

Modélisez vos minimums de FERR séparément de vos retraits discrétionnaires, puisque ces minimums sont obligatoires une fois qu'ils entrent en vigueur — l'argent que vous êtes forcé de retirer mais dont vous n'avez pas besoin peut souvent être redirigé vers un CELI pour continuer à croître à l'abri de l'impôt. Et faites tourner vos propres chiffres avec un outil de décaissement plutôt que de vous fier à une seule règle empirique de l'industrie, puisque votre composition d'actifs, la durée de votre retraite et votre revenu de pension déplacent tous le chiffre soutenable dans un sens comme dans l'autre.

Questions fréquentes

La règle du 4 % est-elle toujours valable en 2026?

La logique de fond tient toujours — elle a été bâtie sur des décennies de rendements historiques des marchés et un horizon de 30 ans — mais la plupart des planificateurs traitent maintenant le 4 % comme un point de départ approximatif plutôt qu'une garantie. Des rendements futurs attendus plus faibles, des retraites plus longues et les frais peuvent tous pousser le chiffre soutenable plus bas pour certains retraités, tandis qu'une approche de dépenses souple peut le pousser plus haut pour d'autres.

Les retraits minimums du FERR l'emportent-ils sur la règle du 4 %?

Oui, une fois que vous êtes tenu de puiser dans un FERR. L'ARC fixe des pourcentages de retrait minimums qui augmentent chaque année avec votre âge, et dans la soixantaine-dix et la quatre-vingtaine ces minimums peuvent dépasser 4 % de la valeur de votre compte que vous ayez réellement besoin de l'argent ou non. Vous pouvez toujours réinvestir ce que vous ne dépensez pas dans un CELI ou un compte non enregistré, mais vous ne pouvez pas simplement le laisser dans le FERR.

Devrais-je inclure le RPC et la SV en appliquant la règle du 4 %?

Appliquez la règle uniquement au portefeuille que vous décaissez réellement, et traitez le RPC et la SV comme un plancher de revenu distinct, indexé à l'inflation, en dessous. Beaucoup de Canadiens peuvent se permettre de retirer plus agressivement de leur épargne en début de retraite précisément parce que les pensions gouvernementales couvrent une part appréciable des dépenses de base.

Sources

Information générale destinée aux lecteurs canadiens; ne constitue pas un conseil financier, fiscal ou de placement personnalisé. Les chiffres reflètent la date de révision; confirmez les limites et règles en vigueur auprès de l'ARC ou d'un professionnel qualifié avant d'agir.